Nichée à Esvres-sur-Indre, au cœur de la Touraine, la Villaine incarne aujourd’hui l’élégance et l’art de vivre à la française. Derrière son architecture harmonieuse du XIXᵉ siècle se cache pourtant une histoire riche qui remonte à près de huit siècles.
La première mention du domaine apparaît en 1247, lorsqu’un chevalier nommé Pierre de Villaine possède ici terres et vignes. À cette époque, la propriété constitue un petit fief dépendant du puissant château de Thais, alors seigneur dominant de la région. Vers 1400, la Villaine est donnée au Chapitre de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, qui en restera propriétaire pendant près de quatre siècles. Le domaine fonctionne alors comme une importante exploitation agricole et viticole, témoignant de la prospérité rurale de la Touraine.
La Révolution française marque un tournant décisif : nationalisée, la propriété est vendue comme bien national et se retrouve brièvement liée à Pierre Roger-Ducos, figure politique majeure du Directoire et consul aux côtés de Napoléon Bonaparte après le coup d’État du 18 Brumaire.
Au début du XIXᵉ siècle, la famille Arrault, fermiers de longue date, acquiert finalement le domaine. Soucieux de moderniser la propriété, François-Édouard Arrault fait reconstruire le château en 1886, confiant le projet à l’architecte parisien Amédée Hardy, à qui l’on doit notamment des réalisations pour l’Exposition universelle de 1878. Le château actuel est l’héritier direct de cette ambitieuse transformation.
Au fil du temps, la Villaine a traversé les époques et les événements, accueillant notamment des soldats durant la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, elle poursuit son histoire en offrant à ses hôtes un cadre d’exception, où se mêlent héritage historique, élégance architecturale et douceur de vivre tourangelle.